Trois exemples de synchronicité ou coïncidence ?

Un ticket d’autoroute arrivé au bon moment

Il y a quelque temps, nous étions sur une autoroute française. Les barrières étaient levées et, pour une raison ou une autre, nous n’avions pas pris de ticket. Sur le moment, nous avons continué notre route. Mais un peu plus tard, une question est devenue évidente : comment allions-nous pouvoir sortir de l’autoroute sans ticket ? Nous nous sommes arrêtés sur une aire d’autoroute et sommes allés boire quelque chose dans un restaurant. Lorsque nous sommes revenus vers la voiture, nous avons aperçu un ticket d’autoroute posé par terre. Un ticket. Juste là. Nous avons pu le prendre et, finalement, sortir de l’autoroute sans problème. Bien sûr, on peut considérer qu’il s’agit d’une simple coïncidence. Quelqu’un avait perdu ce ticket et nous avons eu la chance de le trouver. Mais il y a quelque chose de troublant dans le timing de l’événement : nous venions précisément de nous demander comment résoudre notre problème et, quelques instants plus tard, la solution se trouvait littéralement sur notre chemin. Est-ce une synchronicité ? Peut-être. Ou peut-être simplement un hasard particulièrement heureux.

« Ça fait longtemps qu’on n’a pas vu les chats… »

Voici une autre situation. Nous parlons des chats et constatons que cela fait plusieurs jours que nous ne les avons pas vus dans notre jardin. Et une demi-heure après, ils apparaissent à la porte fenêtre. Là encore, rien ne permet de dire que notre pensée a provoqué leur apparition. Les chats existaient avant notre conversation et auraient probablement croisé notre chemin de toute façon. Mais pourquoi ces moments nous interpellent-ils autant ?Parce qu’une pensée intérieure semble soudain rencontrer un événement extérieur. Et c’est précisément cette rencontre qui constitue le cœur de la synchronicité : ce n’est pas nécessairement l’événement qui est extraordinaire, mais la résonance qu’il prend pour celui ou celle qui le vit.

Un arc-en-ciel… qui n’en était pas un

Une autre expérience … Un jour, j’étais dans un bus et je lisais un article consacré aux anges et à la manière dont ils pourraient, selon certaines traditions spirituelles, se manifester à travers différents signes, notamment la vision d’un arc-en-ciel. En lisant cela, je me suis dit intérieurement : « Moi aussi, j’aimerais bien voir un arc-en-ciel. » J’étais dans le bus, il ne pleuvait pas et j’ai regardé autour de moi. Pas d’arc-en-ciel. Quelques instants plus tard, je rencontre un enfant. Une petite fille vient vers moi avec sa petite licorne. Je lui dis simplement : « Ah, elle est trop chou, ta licorne ! » Et, spontanément, sans que je lui demande comment elle s’appelle, elle me répond : « Oui, elle s’appelle Arc-en-ciel. » La licorne, d’ailleurs, ne ressemblait pas particulièrement à un arc-en-ciel. Pour cette petite fille, ce n’était probablement qu’un prénom choisi pour sa peluche. Pour elle, il n’y avait sans doute rien d’extraordinaire dans cette réponse. Mais pour moi, quelques minutes après avoir souhaité intérieurement voir un arc-en-ciel, entendre ce mot surgir spontanément dans la bouche d’une enfant avait quelque chose de profondément particulier. Était-ce un signe ? Était-ce une coïncidence ?

Quand le hasard prend du sens

C’est peut-être là que la notion de synchronicité devient intéressante.

Nous vivons chaque jour une quantité immense d’événements, dont la plupart passent complètement inaperçus. Nous pensons à des centaines de choses, nous rencontrons des dizaines de personnes, nous entendons des milliers de mots.

Certaines de ces rencontres vont pourtant faire écho à quelque chose qui se passe en nous.

Notre cerveau est naturellement capable de repérer des correspondances et de créer des associations. Il est donc tout à fait possible qu’une partie de ces expériences s’explique par notre attention : lorsque nous venons de penser à quelque chose, nous sommes davantage susceptibles de remarquer cette même chose autour de nous.

Mais cela ne signifie pas nécessairement que l’expérience est sans valeur. Car une synchronicité ne se mesure pas uniquement par la probabilité mathématique qu’un événement se produise. Elle se mesure aussi par le sens qu’il prend dans notre histoire personnelle.

C’est ce qui intéressait Jung : cette rencontre entre un événement extérieur et un état intérieur, sans qu’une relation de cause à effet puisse être établie.

Faut-il y voir un message ?

C’est ici que chacun peut avoir sa propre interprétation. Pour certains, les synchronicités sont simplement des coïncidences auxquelles notre esprit donne du sens. Pour d’autres, elles peuvent être perçues comme des signes, des clins d’œil de la vie, de l’univers, ou encore comme une manière pour quelque chose de plus subtil de se manifester. Écouter ce que ces événements éveillent en nous, sans chercher à transformer chaque coïncidence en message ou en prédiction. La synchronicité invite à porter un regard plus attentif sur notre existence. À remarquer les petits « hasards ». À nous émerveiller parfois. À accepter de ne pas tout comprendre. Et peut-être aussi à nous demander ce qu’un événement réveille en nous, plutôt que de chercher immédiatement ce qu’il est censé nous dire.

Et si nous laissions une place au mystère ?

Le plus fascinant, finalement, n’est peut-être pas de savoir si les synchronicités sont réellement des messages. C’est de constater qu’elles peuvent parfois modifier notre manière de regarder le monde. Un ticket trouvé au bon moment. Des chats qui apparaissent peu après que nous avons parlé d’eux. Une petite fille qui prononce spontanément le mot « Arc-en-ciel » quelques instants après que nous avons souhaité en voir un. Trois histoires simples. Trois coïncidences. Et pourtant, chacune laisse une petite trace. Alors, hasard ? Synchronicité ? Notre cerveau qui relie les événements ? Ou quelque chose que nous ne savons pas encore nommer avec notre cerveau ? Peut-être que nous n’avons pas besoin de répondre immédiatement.

Et vous, avez-vous déjà vécu une coïncidence tellement précise qu’elle vous a donné l’impression que la vie vous faisait un petit signe ?